Le Camp de Dheisheh (fr)
Texte de présentation du camp de réfugiés de Dheisheh, tiré du site du Collectif Contre Culture.
Situé près de la ville de Bethléem (à seulement 8 kilomètres de Jérusalem), le camp de Dheisheh regroupe 12000 personnes sur 0,5km carrés. Ses habitants viennent de 46 villages juste de l’autre côté de la ligne verte dont ils ont été chassés en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israel. C’est un des trois camps (avec Aida et Beit Jibrin) situés autour de Bethléem. Le camp est autogéré par un comité populaire constitué de représentants des différentes organisations politiques et associations du camp.
a) Le Comité Populaire
Le comité populaire est constitué de 11 personnes (8 hommes et 3 femmes) représentatifs des organisations politiques et associatives actives sur le camp. Les bonnes relations entre les différentes organisations permettent un travail positif.
Une des principales préoccupations et tâches du comité est de fournir du travail et donc de quoi subsister aux gens dans un camp ou le chômage touche près de 80% de la population. Il s’occupe aussi de la question des soins et notamment de permettre que les personnes puissent se rendre dans un hôpital en Jordanie pour des interventions compliquées. Il essaye aussi de résoudre les problèmes d’accès (argent et transport) des étudiants à l’université.
Pour cela le Comité Populaire a développé plusieurs projets :
Réalisation de différents travaux à l’intérieur du camp (tels que réfection des rues, du réseau électrique…) permettant de faire travailler la population
Le Centre Phenix que nous détaillerons plus loin
Création d’une coopérative d’artisanat pour les femmes
Création d’un cimetière permettant aux habitants du camp victimes de la violence d’être enterrés dans le camp (elles l’étaient avant à Bethléem. Du fait du couvre-feu fréquent et des barrages, cela empêchait souvent les familles de se rendre au cimetière)
Réalisation d’un pont au-dessus de l’avenue longeant le camp permettant notamment aux enfants et étudiants de se rendre plus facilement dans leurs écoles avec moins de risques.
b) Le Centre Phenix (Al-Feneiq Center)
• Historique
Le projet du centre Phenix a débuté en 1997. Le projet consistait au départ à construire un lieu ou les enfants du camp de Dheisheh pourrait venir jouer. Après différentes péripéties et notamment deux destructions par l’armée israéliennes, le centre a pu être terminé. Des activités s’y déroulent depuis 2002 et l’inauguration officielle a eu lieu en juin 2004.
• Organisation du centre
Actuellement, le centre Phenix est dirigé par le Comité Populaire du camp. Le comité populaire va prochainement nommer une direction provisoire pour le centre phenix avant que des élections soient organisées dans le camp pour élire la direction du centre Phenix. Il est prévu que cette direction soit renouvelée tous les trois ans. Le personnel du centre est salarié excepté la direction qui est bénévole. 23 personnes travaillent au centre Phenix par roulement de deux équipes. Les gens y travaillent dix jours et après laissent leur place pour permettre qu’un maximum de personnes du camp bénéficient de cette opportunité d’avoir un salaire. Seuls les tâches spécialisées comme cuisinier ou jardinier ne sont pas renouvelées tous les 10 jours.
• Les activités du centre
Le jardin
Lieu de rencontre et de jeux pour les enfants, il a été conçu comme un lieu permettant aux familles de venir passer un moment de détente. Plusieurs terrains de jeux (avec toboggan, balançoire…) sont accessibles aux enfants. Une cafétéria propose nourriture et boisson (ainsi que Narguileh !). Pour couvrir les frais de fonctionnement, une participation symbolique est demandée aux familles pour rentrer au jardin. Les prix de la cafétéria sont très largement inférieur aux prix de la région de Bethléem. Des camps d’été pour les enfants sont organisés dans le jardin et des écoles u organisent des sorties.
La Grande Salle ou salle de conférence
D’une capacité de 1000 personnes, plusieurs activités s’y déroulent :
Des formations y sont organisées : théatre, informatique, cours complémentaire pour les étudiants, projet scolaire, écriture de chansons, situation des réfugiés palestiniens… Les associations organisent elles-mêmes ces formations exceptées quelques unes réalisées par le comité populaire. Celui-ci a par exemple organisé pendant 7 mois un stage pour 60 femmes du camp afin de leur enseigner comment créer une association, organiser un camp d’été, mener un projet etc… Pour cela des enseignants de différentes associaitons avaient été invité. Des consultations par des psychiatres et psychanalystes ont aussi été organisés pour les enfants du camp souvent de problèmes psychologiques suite à l’occupation et à la violence.
Cette salle est également loué pour des mariages, des fêtes, des concerts…
Des conférences, débats et assemblées y sont aussi organisées par différentes associations ainsi que des remises de diplômes par les écoles.
Cuisine collective
Un projet de cuisine collective va débuter au cours du mois d’août. 70 femmes du camp vont participer à ce projet. Elles ont été choisi sur des critères sociaux (pauvreté, nombre d’enfants, maris malades et donc ne pouvant travailler, enfants étudiants et nécessitant donc argent). Les femmes feront des repas pas seulement pour le centre phenix mais aussi pour des écoles, d’autres associations de la zone de Bethléem etc… Le salaire de ces femmes a été payé pour un an par une association internationale (« Holy Father Commission for the Relief Agency in the Middle East » ) qui a également fourni du matériel. Il reste à la charge du centre Phenix de trouver et acheter la nourriture. Le but étant d’atteindre un équilibre financier entre la vente des repas et l’achat de la nourriture mais aussi à terme de pouvoir prendre en charge le salaire de ces femmes (car sinon se posera le problème de la pérennité de ce projet dans un an quand l’association arrêtera de payer le salaire des femmes)
• Projets et Besoins du centre
Le centre possède un fax mais pas de photocopieuse.
Pour ses différentes formations, le centre manque de matériels informatiques, de films, d’une vidéo-caméra, d’instruments de musiques.
Le Centre manque aussi d’enseignants. Un des projets par exemple est d’organiser un stage de peintures et de dessins pour une dizaine d’adolescents du camp sachant très bien dessiner. Cela serait l’occasion de peindre notamment des fresques murales sur un certain nombre de murs du camp. Ils manquent pour cela de peinture et d’un enseignant pour un stage de 10 jours à un mois. Une autre demande serait un enseignement en mécanique. Les gens savaient réparer eux-mêmes les anciennes voitures mais ne savent plus le faire avec les nouveaux modèels d’injonction etc…
La construction d’un deuxième étage est aussi en projet. Celui-ci comprendrait : Une bibliothèque, la bibliothèque Edouard Said Un centre pour les femmes Une coffee shop destinée aux jeunes du camp Un centre internet Deux salles de conférence/formations
Un jumelage avec le CICP est en place depuis l’année 2005